Au-delà des différences de cultures

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Le monde a été profondément touché par la pandémie mondiale du Coronavirus. À travers de la Collection Couture Automne – Hiver 21-22, Imane Ayssi exprime une possibilité de ce qui nous lie au-delà des différences de cultures.

 Le mot « Madzang » désigne, en langue Ewondo du centre du Cameroun, une personne de la famille, une cousine, un cousin, une tante, qui nous est chère et avec qui une complicité est établie. Par extension, ce mot est aussi utilisé pour une amie, ou même une personne lointaine qui veut ainsi signifier une forme de proximité.

Au-delà des différences de cultures 

Aujourd’hui, ce terme est aussi utilisé entre africains pour montrer le lien que crée l’expérience commune de vivre en Afrique ou de venir de ce continent. Mais finalement ne pourrait-on pas l’utiliser pour l’ensemble de l’humanité pour rappeler ce qui nous lie au-delà des différences de cultures ?

Comme deux amis qui à force de se fréquenter finissent par se ressembler, lorsqu’on examine les cultures de l’apparence de différents peuples, les points communs sont aussi nombreux que les différences. C’est particulièrement vrai des cultures traditionnelles textiles. Par exemple, les différentes formes de rayures sont une esthétique commune à toute l’humanité, l’indigo est une teinture qui a été traditionnellement utilisée en Europe, en Asie et en Afrique, l’idée de la broderie est universelle… etc.

Ce sont ces liens, cette unicité dans la diversité qu’Imane Ayssi explore dans cette collection qui est conçue comme un dialogue entre des traditions mode et textile de différentes parties du monde. Ainsi, dans un jeu de doubles qui n’en sont pas tout à fait, un traditionnel tweed marine de chez Linton, tissé en Angleterre, répond à un textile en coton et kapok, tissé à la main et teint à l’indigo, de Gambie.

Un autre tweed multicolore, toujours de chez Linton, dialogue avec un Kenté du Ghana qui utilise la même gamme de couleurs. Une toile de coton rayée pour kimono, tissée sur métiers anciens à Shizuoka Hamamatsu au Japon, chemine avec un Faso Dan Fani du Burkina Faso. Une délicate dentelle de Sophie Hallette fabriquée dans la grande tradition à Caudry se mire dans un imprimé « Adire Eloko » du Nigeria, qui reprend un motif de dentelles et le raphia de Madagascar côtoie un luxueux double gazar de soie tissé en Italie…

Une collection pour nous rappeler que la culture peut servir autant à définir l’identité d’un peuple et donc à le différencier qu’à créer un passage, un chemin vers les autres peuples.

Quel est le thème de cette collection ?

Le thème de cette collection est l’idée de dialogue entre les cultures et à travers les traditions textiles. La collection est conçue comme des modèles avec des tissus qui correspondent et qui discutent entre eux.

À chaque fois, on a un jeu entre des matériaux issus des pays du continent africains ainsi que d’autre pays comme le Japon, les États-Unis, l’Italie et la France. Toute la collection se résume donc à une rencontre entre les différentes cultures du monde.

Quelles sont ses particularités ?

Alors on a une robe et un costume pour homme qui sont faits dans des tissus qui viennent du Japon, que nous avons détourné, avec un motif de rayure. Très souvent dans les tissus traditionnels un peu partout dans le monde, on trouve des rayures, c’est un motif assez facile à obtenir, qu’on va retrouver finalement dans toutes les cultures du monde.

On a aussi la version d’un tissu rayé tissé au Burkina Faso, une version très traditionnelle, tissée à la main. Et puis un costume masculin avec des rayures des grosses et des petites.

Quelle est votre inspiration ?

Le résultat du travail se fait au feeling. On fait des recherches de bouche à oreille, on regarde aussi sur Internet, on fait des tests, parfois même, je me déplace aussi pour aller sur place dans certains pays africains.

La, c’est un artisan avec qui je travaille depuis un certain temps au Ghana et je suis très content, c’est quelqu’un que j’aime beaucoup, il travaille énormément, son boulot est pas mal : il suit les indications, il prend le temps de faire des échantillons. Ce n’est pas évident, puisque comme on travaille avec des gens qui sont basés à l’autre bout du monde, les va-et-vient pour leurs compréhensions, les discutions via le net, on leur envoie les échantillons par la poste. Ça prend beaucoup de temps, mais ça fini par prendre forme avec le temps. Les résultats sont encourageants.

Comment choisissez-vous les tissus ?

La particularité de tous ces tissus qui sont fait à la main, c’est que le tissage est fait par des bandes pas très larges et beaucoup de longueur quand on montre le vêtement on va respecter des formes, les carreaux. On a fait l’effort de pas trop faire de perte parce que c’est très long à faire ce tissu et surtout très précieux !

On a des tissus qui nous viennent du Burkina Faso ainsi que du Japon celui pour faire les Kimonos. On utilise aussi du fils BIO, parce qu’on a un gros problème en Afrique maintenant pour trouver des bons fils, bien traité en Coton parfois ce n’est pas évident, parfois, on est obligé d’acheter les fils ailleurs, de les teindre et de les renvoyer là-bas chez les artisans.

Assistante de rédaction : Chaima Charchar

Version chinoise :
https://mp.weixin.qq.com/s/EBm98rz0LJfxVgcjOYr9Fg

Proposition de lecture :
https://www.airsdeparis.fr/mode/entre-la-haute-couture-et-les-jeux-video/

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