« Je veux rester ce garçon émerveillé, aux yeux grands ouverts que j’ai toujours été. Croire au meilleur de l’humanité. Plein d’espoir pour le monde. Mais cela devient de plus en plus difficile. Alors, que faire quand tout devient sombre ? J’ai arraché des étoiles au ciel, je les ai collées sur mes orbites oculaires. Et je suis parti en pèlerinage postmoderniste à travers les âges. »
Ainsi commence le manifeste créatif de Walter Van Beirendonck pour sa dernière collection, un cri du cœur poétique et une déclaration de guerre contre le cynisme ambiant.

Le designer belge, toujours à la lisière entre l’enfance et le génie, nous livre une collection qui est bien plus qu’un simple défilé : c’est une armure d’optimisme pour temps troublés.
« Le fondement de ma nouvelle collection se trouve dans les vêtements de travail des artistes et les tenues historiques, mais enveloppés dans une imagination purement tournée vers l’avenir. » Van Beirendonck opère ici son alchimie habituelle, mêlant les références avec une désinvolture savante.
Il a « regardé les manteaux et les blouses de peintre, tachés et colorés par l’acte radical d’expression personnelle », tout en étant « fasciné par les combinaisons-squelettes portées par les garçons aisés du XVIIIe siècle ».
L’esprit de la collection se nourrit de ces collisions temporelles. « J’ai brièvement glissé dans l’esprit étincelant d’Anna Piaggi, telle que je l’ai connue. Une vraie maîtresse du CLASH. » Puis il a « parcouru un monde où le haut fréquente le bas, où le banal devient du sur-mesure. Un enchevêtrement de styles et de matériaux, plissés, froncés, choquants. J’ai joué dur avec tout ça, jusqu’à ce que ça scintille. »
Le résultat ? « Une collision, bien sûr. Mais CHIC. » Van Beirendonck excelle dans ces oxymores visuels où « les détails sont gonflés et altérés. La brutalité est affinée. » Les silhouettes sont « oversized mais surtout dans les spécificités : boutons recouverts de tissu, poches majestueuses, grands poignets. » Les « soies plumeuses effilochées en cols de rêve » dialoguent avec des éléments plus brutaux.
Et partout, ce motif récurrent : « DES YEUX ÉTOILÉS – comme symbole de connexion et d’optimisme naïf. » Ce motif devient le fil rouge d’une collection qui est aussi un voyage autobiographique. « Mes propres souvenirs d’enfance ont refait surface. J’ai rassemblé des photos de famille, je les ai transformées en impressions saccadées et pixélisées. J’ai poussé des marguerites à travers le bruit numérique. »
Le travail des matières atteint des sommets de sophistication. « Des textiles Ikat spéciaux portaient cette distorsion. J’ai fait appel à des artisans du tissu italiens – peut-être les derniers de leur espèce – pour obtenir cette patine excitante que seul le temps peut imprégner. »
Les accessoires ne sont pas en reste, avec des « chapeaux melon de Stephen Jones percés de fleurs en papier poétiques », le tout surmonté de « broches et amulettes. Parties espoir, parties animal, parties sexe. Pleines de vie. »
Face à l’actualité morose, la collection pose une question musicale et mélancolique : « Si vous êtes triste et vous demandez : Où sont passées toutes les fleurs ? » La réponse de Van Beirendonck est un éclat de lumière : « Regardez en arrière. Regardez en bas. Regardez vers l’avant. Depuis les champs ensoleillés, elles nous FONT DE L’ŒIL, se balançant doucement, AVEC DES YEUX ÉTOILÉS. »
Dans un monde de plus en plus dur, Walter Van Beirendonck persiste à croire en la magie du vêtement comme vecteur d’espoir et de joie. Sa collection n’est pas simplement à porter – elle est à vivre, comme une promesse que la beauté et l’émerveillement survivront à toutes les tempêtes.

Version Anglaise et Chinoise:
https://airsdeparis.com/fashion/walter-van-beirendonck-a-stellar-pilgrimage/
Magazine digital – Fashion
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