Imane Ayissi 2026 : Quand le défilé devient performance

 

 

Si le format classique du défilé vous est familier — ces mannequins qui avancent, se retournent puis disparaissent — la présentation d’Imane Ayissi pourrait bien vous offrir une autre expérience.

Le 26 janvier 2026, Imane Ayissi a proposé bien plus qu’un simple défilé : une expérimentation artistique, à la frontière entre mode, performance et regard porté sur les coulisses de la création.

Le défilé ne commence pas lorsque le mannequin entre sur le podium. Il commence bien avant — au moment même où le vêtement prend vie sur le corps.

Pour cette présentation, Imane Ayissi a volontairement brouillé les codes traditionnels en mêlant la coulisse et le défilé, révélant au public ce qui est habituellement dissimulé.

Sous les yeux des spectateurs, Jean-Marc Chauve, président de la marque, a habillé les mannequins en direct.

Un geste fort, presque radical, qui transforme l’habillage — souvent perçu comme un moment technique — en acte fondateur de la création.

 

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Voir le défilé dans son intégralité

 

Le public n’assiste plus seulement au résultat final, mais découvre l’ensemble du processus : le choix des pièces, le geste précis de l’habillage, l’ajustement du vêtement sur le corps, puis — seulement ensuite — la marche du mannequin face au public.

Ce dispositif donne à voir ce que la mode dissimule habituellement : le temps, la concentration, la relation intime entre le vêtement et le corps.

En exposant les coulisses, Imane Ayissi interroge notre rapport à la mode et au luxe. Ici, il n’est ni question de vitesse ni de spectaculaire, mais de vérité du geste.

Le vêtement n’est plus un simple objet de désir posé sur une silhouette idéalisée ; il devient le résultat d’un processus vivant, humain, presque fragile. Le mannequin n’est plus uniquement un support, mais un corps habité, présent, en transformation.

 

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BISSAKARAK

 

Cette mise en scène trouve un écho profond dans l’inspiration même de la collection, intitulée BISSAKARAK.

En ewondo, l’une des langues parlées au Cameroun et langue maternelle d’Imane Ayissi, Bissakarak signifie le gribouillis, le premier jet, ce moment suspendu où la main tente quelque chose sans certitude, où l’idée n’est encore qu’esquisse.

C’est précisément cet entre-deux fragile et exaltant que le créateur chérit :

la recherche d’une silhouette, l’émergence des volumes, la découverte de la manière dont les tissus bougent, vivent et réagissent sur le corps.

Sur une feuille de papier, puis sur un mannequin, Imane Ayissi s’attarde sur ce moment où rien n’est encore figé, où tout peut encore devenir autre chose.

 

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Le vêtement comme geste vivant

 

Ce processus fait écho à une pratique profondément ancrée dans les cultures africaines : celle de s’enrouler dans les tissus, sans chercher un fini parfait, mais plutôt l’effet produit.

Le vêtement n’est jamais immobile. Il est en mouvement, en transformation permanente, offrant chaque jour à celui qui le porte la possibilité d’une re-création.

 

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Drapés, plissés et filiations culturelles

 

Poursuivant un thème qui lui est cher, le créateur explore le drapé, les plissés et les différentes techniques de nouage, qui deviennent ici la quintessence de cette idée de mouvement et de liberté.

Les références se croisent et dialoguent : la Grèce antique, les chefferies africaines, mais aussi les figures tutélaires de la haute couture que sont Madeleine Vionnet et Madame Grès.

Les kente du Ghana, le raphia de Madagascar, les pagnes tissés du Nigéria entrent en résonance avec la faille de soie et le gazar, racontant une même histoire : celle de la possibilité de redevenir après avoir été, de se transformer sans se renier.

Les textiles comme les couleurs offrent ainsi des métamorphoses toujours renouvelées.

 

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Une résonance artistique contemporaine

 

En 2024, au MoMA de New York, face aux toiles de Mark Rothko qu’il découvre pour la première fois, Imane Ayissi est profondément marqué.

Les bords flous des rectangles colorés semblent laisser les couleurs s’échapper, refuser toute limite stricte.

Certaines silhouettes de la collection s’inspirent de cette énergie diffuse, de cette profondeur vibrante, affirmant à leur tour une liberté face aux normes et aux cadres imposés.

 

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Une mode en perpétuel mouvement

 

Cette présentation invite le spectateur à ralentir, à observer, à comprendre. Elle transforme le défilé en expérience immersive, où l’on regarde autant les mains qui habillent que les corps qui défilent.

Avec cette présentation, Imane Ayissi affirme une manière de créer toujours vivante, toujours en mouvement.

Le défilé devient un espace de recherche, le vêtement un langage en transformation, et le corps un territoire d’expression.

Cette expérience invite à regarder la mode autrement : comme un art du temps, du geste et de la métamorphose.

 

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Interview : Wendy

Rédaction: Hervé

 

Version Anglaise:

https://airsdeparis.com/fashion/imane-ayissi-2026-fashion-as-a-living-gesture/

 

 

 

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