Du 3 au 5 février 2026, à Paris Nord Villepinte, Première Vision Paris a proposé une exploration ambitieuse et sensible des territoires qui font battre le cœur de l’industrie textile.
Conçu comme un véritable voyage à travers les identités textiles et leurs géographies, le salon a mis en lumière les dialogues possibles entre matière, création, innovation et patrimoine.
Dans un monde en transition numérique, écologique et industrielle, les savoir-faire apparaissent plus que jamais comme des ressources stratégiques.
Du plus proche au plus lointain, de l’amont à l’aval, de la fibre au créateur, À travers cette édition 2026, Première Vision confirme que les territoires ne sont pas seulement des espaces géographiques, mais des écosystèmes vivants de compétences, d’héritages et d’innovations.
Il s’agit de redécouvrir les ressources existantes, de cultiver les compétences locales, de défendre la diversité des savoir-faire, de reconnecter la production au vivant et de révéler l’immense culture textile ainsi que l’innovation à l’œuvre dans les filières.

Vitrine de l’excellence française
Porte-parole de l’industrie textile en France, l’Union des Industries Textiles (UIT) fédère et accompagne les entreprises du secteur, de la production de matières premières aux tissus techniques et créatifs.
Dentelle, soie, broderie, jacquard, textiles innovants ou éco-responsables : la richesse et la diversité du textile français étaient pleinement mises en lumière. Pour incarner concrètement cette excellence, chaque exposant présent sur l’espace de l’UIT participait à une initiative originale : une robe conçue par le créateur Charles Pottier servait de support d’expression à leur savoir-faire.
Chaque pièce, réalisée à partir des tissus développés par les fabricants, révélait la singularité des matières : finesse d’une dentelle, fluidité d’une soie, précision d’un tissage, technicité d’un textile innovant. À travers ces créations, c’est toute la créativité française qui s’exprimait, dans un dialogue subtil entre tradition et modernité.

La Japan Fashion Week
Le Japon est reconnu pour son exigence technique, sa précision et son sens du détail, notamment dans les domaines du textile, de la confection et des métiers d’art.
La Japan Fashion Week Organization (JFWO) était également présente sur le salon. Acteur central de la mode japonaise, elle joue un rôle clé dans l’organisation et la promotion de la Fashion Week de Tokyo, ainsi que dans l’accompagnement des designers sur la scène internationale.
La diversité de la mode japonaise exprime la vitalité des échanges entre les écosystèmes créatifs européens et asiatiques.

La fourrure à l’ère végétale
Face aux enjeux environnementaux liés à la pétrochimie et à l’usage massif de fibres issues du pétrole, Ecopel explore de nouvelles solutions biosourcées, notamment à partir de fibres végétales renouvelables.
L’objectif est double : réduire l’empreinte carbone des collections tout en préservant les qualités esthétiques et sensorielles qui font le succès de la fourrure — douceur, densité, fluidité et profondeur des couleurs.
Cette démarche dépasse le simple changement de matière première. Elle s’inscrit dans une réflexion globale sur la traçabilité, la circularité et la durabilité des produits. Ecopel intègre ainsi des fibres d’origine végétale tout en développant des procédés de fabrication moins énergivores.

Rencontre exclusive avec
Sylvie Maignan
La Maison du Savoir-Faire et de la Création est dédiée à la valorisation et à la promotion des savoir-faire français dans la filière mode et habillement. À cette occasion, Airs de Paris a rencontré Sylvie Maignan, représentante de la Maison du Savoir-Faire et de la Création, présente sur le salon.

Cette édition de Première Vision met particulièrement l’accent sur les savoir-faire. Pourquoi est-ce important ?
Il s’agit en effet d’un salon particulièrement important, et plus encore pour cette édition qui a souhaité valoriser les savoir-faire, notamment les savoir-faire français. Près d’une quarantaine d’entreprises françaises sont présentes sur le salon.
À la Maison du Savoir-Faire et de la Création, nous représentons l’ensemble des façonniers français — ils sont aujourd’hui environ 450 en France. La grande majorité travaille pour le haut de gamme et le luxe.
Le Made in France est reconnue à l’international non seulement pour ses savoir-faire, mais aussi pour sa qualité et son excellence en matière de confection. Ces ateliers collaborent principalement avec des maisons de luxe et des marques premium.
Nous avons d’ailleurs mis en place un pavillon français réunissant plusieurs ateliers de confection, afin de présenter leur expertise et de rencontrer les visiteurs internationaux.
Pourquoi les savoir-faire français bénéficient-ils d’une telle reconnaissance ?
La France a la chance de disposer d’une industrie du luxe extrêmement puissante et présente à l’international. Les grandes maisons françaises font rêver. Lorsqu’on évoque ces maisons, on pense immédiatement aux “petites mains” des ateliers, à celles et ceux qui confectionnent, fabriquent et donnent vie aux créations.
Cette reconnaissance bénéficie à l’ensemble des ateliers français. Ils travaillent avec le même niveau d’exigence pour développer des prototypes, réaliser les patronages et assurer la mise au point des collections. Beaucoup collaborent avec les maisons pendant la Fashion Week et voient les pièces qu’ils ont contribué à produire défiler sur les podiums — c’est évidemment très gratifiant.
Paris demeure une capitale mondiale de la création. Cette image rejaillit sur l’ensemble des fabricants français. Le Made in France est associé à une excellence réelle : maîtrise technique, confection industrielle de haut niveau, couture artisanale complexe, mais aussi richesse exceptionnelle des métiers d’art — brodeurs, plisseurs, plumassiers… Toute une chaîne de savoir-faire rares qui contribue au rayonnement international de la création française.
Le Made in France peut-il être compétitif face à la concurrence internationale ?
Oui, mais cela dépend des volumes et des typologies de produits. Les ateliers travaillant pour le luxe produisent rarement de très grandes séries. Il n’y a généralement pas de réassort : une fois la pièce vendue, on passe à un nouveau modèle.
En revanche, sur des produits plus simples — comme les t-shirts ou les sous-vêtements — la relocalisation est possible. Ce sont des articles plus faciles à confectionner, qui peuvent être produits en grande quantité en France.
Pour gagner en compétitivité, certains ateliers investissent dans l’automatisation : équipements technologiques, robots de confection, optimisation du coût minute. Cela permet de réduire les coûts de production. Mais cela concerne surtout des produits standardisés et fortement massifiés.
Comment accompagnez-vous cette dynamique à l’international ?
Nous disposons d’une plateforme de mise en relation accessible via notre site internet, qui référence environ 600 entreprises. En 2025, nous avons développé une version anglaise afin de renforcer notre accessibilité internationale.
Aujourd’hui, près de 20 % des connexions proviennent de grands donneurs d’ordres internationaux. Nous constatons une forte présence d’acteurs américains et japonais, pour lesquels le Made in France constitue un véritable gage de qualité. Certaines marques japonaises souhaitent notamment faire fabriquer leurs produits en France. Nous enregistrons également des connexions en provenance de plusieurs pays européens.
Cela montre que le rayonnement des savoir-faire français dépasse largement le territoire national.

Interview: Wendy
Rédaction: Hervé
Magazine Digital
Airs de Paris : 2026 Spring

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FASHION : 2026 Spring & Summer

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