PREMIÈRE CLASSE – Mars 2026

 

 

La création ne suit pas le mouvement : elle l’impulse. Pendant quatre jours, le salon Premiere Classe a fait vibrer le cœur des Jardin des Tuileries à Paris.

Dans ce décor emblématique, accessoires, maroquinerie, bijoux et pièces audacieuses y dessinent les nouvelles directions de la mode, entre innovation esthétique et affirmation des identités de marque.

L’énergie créative était palpable. Les allées du salon ont vibré au rythme de nouvelles signatures, de designs audacieux et d’univers soigneusement scénographiés. Chaque stand devenait une vitrine d’identité, révélant l’ADN des marques à travers les matières, les couleurs et les mises en scène.

Cette édition s’est toutefois déroulée dans un contexte international particulièrement tendu. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran, déclenché fin février 2026 après plusieurs frappes militaires majeures, a perturbé l’équilibre géopolitique mondial.

Ces tensions ont notamment affecté les transports internationaux, entraînant certaines incertitudes dans les déplacements professionnels et quelques annulations de voyages.

Malgré ce climat incertain, le salon a confirmé son rôle central dans l’écosystème de la mode : une plateforme de rencontres, de découvertes et d’échanges où la créativité continue d’ouvrir de nouvelles perspectives.

Pour mieux comprendre les enjeux de cette édition, rencontre avec Sylvie Pourrat, directrice du développement de WSN.

 

 

Rencontre avec

Sylvie Pourrat

 

Premiere Classe 2

 

Malgré le contexte compliqué de ces derniers jours , quel bilan tirez-vous des deux premiers jours du salon ?

Nous vivons une période un peu compliquée compte tenu de ce qui se passe depuis une semaine. Certaines personnes ont effectivement annulé leur voyage. Nous savons par exemple que des visiteurs japonais ont renoncé à venir.

Malgré cela, nous ne sommes pas mécontents des chiffres des deux premiers jours. Les résultats sont bons et la fréquentation reste de qualité. Les premiers retours des exposants sont d’ailleurs très positifs : ils estiment que les visiteurs présents sont de véritables acheteurs. Ce ne sont pas de simples promeneurs. Les acheteurs professionnels ont fait le déplacement, et c’est bien là l’essentiel.

 

La guerre a-t-elle perturbé le salon ?

Nous avons toujours une forte présence d’acheteurs internationaux. Il y a des Américains, bien sûr, mais aussi des Coréens, des Japonais, des Français et des Italiens.

Le vrai manque semble peut-être venir du Moyen-Orient. Mais il est encore trop tôt pour l’affirmer avec certitude, car nous ne disposons pas encore de tous les chiffres.

Cela dit, certains grands acheteurs du Moyen-Orient étaient déjà à Milan pour la Fashion Week la semaine précédente et n’ont pas pu rentrer dans leur pays. Ils sont donc restés à Paris. Nous ne serons donc probablement pas totalement absents sur cette zone non plus.

Globalement, la situation n’a pas profondément transformé la fréquentation du salon, même si certaines régions sont un peu moins représentées.

 

Pensez-vous que cette situation va durablement transformer le marché ?

Aujourd’hui, parmi nos exposants, certaines marques connaissent encore une croissance impressionnante malgré la conjoncture.

Quand les produits sont bons, innovants et de qualité, ils continuent de fonctionner. Certaines marques ont même enregistré un grand nombre de commandes en seulement deux jours.

Il est possible que cela redistribue les cartes : peut-être moins de produits, mais davantage orientés vers le haut de gamme. Pour l’instant, nous restons prudents et attendons d’avoir des analyses plus précises.

Tout dépendra également de la durée du conflit. Si la guerre se prolonge, elle aura forcément des conséquences. Si elle s’arrête rapidement, le marché pourra reprendre son cours normal.

Dans les périodes d’incertitude, beaucoup d’acteurs préfèrent rester en attente. Tant qu’il n’y a pas de visibilité sur l’avenir, les décisions sont souvent reportées.

 

Les exposants sont-ils bien présents malgré le contexte ?

Oui, les exposants sont bien présents : nous n’avons eu aucune annulation parmi les 280 exposants, et les exposants japonais sont très satisfaits du salon.

Certaines marques chinoises sont également présentes, et nous avons accueilli une délégation d’acheteurs chinois.

Mais aujourd’hui, la question n’est plus vraiment celle de la nationalité des marques. Ce qui compte avant tout, c’est la créativité, l’originalité et la singularité.

Il y a dix ans, certaines nationalités dominaient davantage le marché. Aujourd’hui, les acheteurs recherchent avant tout un style, une signature et une identité forte. Dans ce contexte, les marques chinoises ont autant leur place que les marques parisiennes, danoises ou italiennes.

 

Quels sont vos critères pour sélectionner les marques ?

Aujourd’hui, les marques doivent impérativement se différencier. Elles apportent chacune leur style, leur identité et leur signature.

Nous travaillons également différentes thématiques dans le salon : des univers unisexes, parfois plus masculins, parfois plus féminins, ainsi que des espaces « no gender ». Certaines zones restent aussi clairement orientées vers le féminin.

Nous faisons également des séparations lorsque cela a du sens. Par exemple, les chaussures féminines ne sont pas présentées avec les chaussures masculines afin de créer des univers plus lisibles et cohérents.

Nos critères de sélection restent cependant toujours les mêmes : la créativité, la qualité, la différenciation et la capacité de communication de la marque.

Aujourd’hui, une marque doit aussi savoir communiquer, notamment sur Instagram, et être capable de présenter sa collection de manière esthétique. Nous accompagnons les marques et les guidons pour améliorer leur mise en scène.

Car lorsque nous exposons une marque, deux marques ou cent marques, elles contribuent toutes à l’image de notre salon. Nous travaillons la scénographie et l’environnement global, mais notre véritable carte de communication reste les stands des marques.

C’est pourquoi nous leur demandons un haut niveau d’exigence : les stands doivent être beaux.

 

Premiere Classe 3

 

Au cœur des Tuileries, pendant quelques jours, la mode a rappelé une chose essentielle : même dans un monde traversé par les turbulences, la création reste une force capable d’inspirer, de rassembler et d’imaginer l’avenir.

 

 

Interview et Photo: Wendy

Rédaction: Hervé

 

 

 

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