Servaire & Co : L’Alchimiste des Marques

 

 

 

Fondée en 2000 par Sébastien Servaire et codirigée aujourd’hui avec son associé Sébastien Ehret, Servaire & Co s’impose comme l’une des agences les plus inspirantes de sa génération.

Avec une équipe d’une cinquantaine de talents, l’agence a développé une approche singulière : une créativité globale où la stratégie rencontre la poésie, où l’innovation dialogue avec l’héritage.

Leur signature ? Transformer les marques en récits sensoriels, en expériences qui marquent les esprits et traversent le temps.

Servaire & Co ne crée pas seulement des objets : elle imagine des univers, tissant des liens subtils entre tradition et modernité, entre vision et émotion.

Rencontre avec les deux directeurs de création qui façonnent, chaque jour, un nouveau langage du luxe.

 

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Comment Servaire & Co est-elle passée de la création d’objets à une “créativité globale” ?

 

Ce qui nous anime, c’est l’art de vivre au sens large, appliqué à des univers premium et luxe : cosmétiques, spiritueux, horlogerie, joaillerie, hospitality et hôtellerie. Cela nous offre un terrain d’expression créatif particulièrement vaste.

Si nous étions, à l’origine, centrés sur la création d’objets, nous sommes devenus un groupe à la créativité globale. Nous avons élargi notre savoir-faire jusqu’à la communication visuelle : shooting photo, films, contenus digitaux.

Nous travaillons aujourd’hui aussi bien sur le branding que sur le design d’espace. Ce dernier peut prendre des formes très différentes selon les projets : aspects architecturaux, décoration intérieure ou encore merchandising. Notre rôle est vraiment celui d’un partenaire créatif pour les marques avec lesquelles nous collaborons.

Ces supports nous permettent aujourd’hui d’imaginer des campagnes publicitaires et des stratégies social media, qu’il s’agisse de lancements produits ou d’accompagnement de marque. Notre approche est désormais pleinement transversale.

 

Qu’est-ce qui nourrit cette relation de confiance avec vos clients ?

L’agence a évolué au même rythme que ses clients. Diptyque, par exemple, est une maison que nous accompagnons depuis 19 ans. À l’époque, nous intervenions essentiellement sur des sujets liés au produit et au packaging.

C’est ainsi que nous avons grandi : en devenant un partenaire créatif capable d’accompagner une marque dans la durée. La confiance, l’exigence et la maîtrise créative que nous cultivons ont naturellement renforcé ces liens.

Aujourd’hui, nos clients souhaitent que nous les aidions à exprimer leur identité sur l’ensemble des points de contact essentiels à leur développement.

Ce qui fait notre force, c’est notre capacité à maintenir un haut niveau d’exigence créative et d’excellence, en toutes circonstances.

Pour nous, il est essentiel de montrer que nous évoluons avec les marques : la vision créative se nourrit et se transforme au rythme des évolutions des clients, des consommateurs et des orientations marketing.

 

Comment développez-vous des expertises aussi variées ?

Nous rassemblons des talents et des expertises complémentaires. L’agence bénéficie d’une certaine notoriété, mais c’est surtout notre curiosité qui nous pousse à explorer de nouveaux territoires.

Nous intégrons des spécialistes de chaque discipline pour garantir la justesse et la pertinence de nos propositions, même lorsque nous investissons des domaines qui n’étaient pas les nôtres au départ.

C’est de cette manière que nous construisons, au fil du temps, un savoir-faire solide et évolutif.

 

Pouvez-vous nous parler de vos projets architecturaux ?

Prenons l’exemple de la dimension architecturale : nous avons conçu la boutique de la rue Saint-Honoré pour la marque Roger & Gallet. Sur ce type de projet, nous intervenons sur toutes les étapes habituellement prises en charge par un architecte.  Nous collaborons étroitement avec les architectes internes des maisons pour assurer une parfaite cohérence dans le suivi du projet.

Plus récemment, nous avons travaillé sur la collaboration entre Johnnie Walker et Olivier Rousteing, qui a permis à la marque d’entrer chez Harrods – elle n’y était pas référencée auparavant. Nous avons imaginé un pop-up expérientiel de 50 m², installé pendant trois semaines, afin de mettre en valeur un espace immersif autour de la marque et de la collaboration avec Olivier Rousteing.

Sur ce type de projets, tout repose sur une orchestration précise : le parcours client, les points d’expérience, la manière de faire découvrir la marque de façon inédite. Il y a aussi une véritable dimension de décoration d’intérieur. Dans les pop-up immersifs, même si la logique marchande existe, l’objectif premier reste la découverte. Il faut donc créer des espaces qui stimulent, surprennent et donnent envie de s’immerger dans l’univers de la marque.

 

Quels sont les enjeux culturels lorsqu’une marque doit s’adapter à l’international ?

Les enjeux varient fortement selon les missions. Pour certains projets, comme la création de la boutique Roger & Gallet rue Saint-Honoré, nous intervenons sur l’ensemble des étapes traditionnellement confiées à un architecte. Dans ce cas, nous travaillons main dans la main avec les architectes internes des maisons pour garantir une cohérence absolue, autant dans l’intention créative que dans l’exécution.

À l’international, les défis sont différents. Un exemple récent est la collaboration entre Johnnie Walker et Olivier Rousteing, qui a permis à la marque de faire son entrée chez Harrods. Nous avons imaginé un pop-up immersif de 50 m², déployé pendant trois semaines, où chaque détail – du parcours client aux points d’expérience – devait refléter à la fois l’identité de la marque et les attentes d’un public extrêmement international.

Dans ces projets, la dimension culturelle est essentielle : il faut créer un espace qui fasse sens, qui surprenne sans dérouter, et qui traduise de manière juste les codes d’une marque mondiale.

 

Vous travaillez aussi avec des marques d’Asie ?

Oui, et ce sont des collaborations particulièrement enrichissantes. Nous avons longtemps travaillé avec le groupe Amore Pacific en Corée du Sud, notamment pour Sulwhasoo et Laneige. Aujourd’hui, nous accompagnons également plusieurs marques chinoises, dont certaines très établies, et d’autres que nous ne pouvons pas encore citer.

Ce qui rend ces projets passionnants, c’est la confrontation à d’autres cultures, d’autres sensibilités et d’autres systèmes de références. Notre rôle n’est pas d’apporter un regard occidental : ce serait une erreur. Nous cherchons au contraire à proposer des éléments qui permettent de bâtir une marque solide et désirable sur le long terme, en respectant profondément les codes culturels locaux.

Cela demande une immersion totale, beaucoup d’écoute et d’humilité. C’est une démarche que nous aimons particulièrement.

D’ailleurs, je pars le mois prochain en Afrique pour accompagner le développement d’une nouvelle marque destinée au continent africain. C’est un marché que je ne connais pas encore, et c’est justement ce qui rend cette mission enthousiasmante. Nous allons nous plonger dans un nouvel univers culturel, en faire un terrain de jeu créatif, et construire quelque chose de pertinent et authentique pour ce marché.

 

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Interview: Wendy

Rédaction: Hervé

 

 

 

 

 

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