BIJORHCA Paris : le bijou en mouvement

 

 

 

Organisé par WSN pour la BOCI, BIJORHCA Paris réunit les professionnels du bijou, de l’horlogerie et des accessoires précieux. Pour son édition de septembre 2026, le salon rassemble plus de 180 marques, couvrant différents segments de la filière, de la création indépendante aux maisons établies, en passant par les fabricants, fournisseurs et spécialistes des savoir-faire.

Créateurs, marques premium et acteurs internationaux présentent leurs collections et leurs techniques autour d’une offre qui couvre plusieurs étapes de la chaîne du bijou, de la conception à la fabrication.

 

 

Philippe Ferrandis : 40 ans de création

 

Cette édition de septembre s’accompagne d’une exposition consacrée aux 40 ans de création de Philippe Ferrandis. La sélection retrace plusieurs périodes de son parcours et met en lumière un univers singulier, fait de matières variées, de compositions élaborées et d’une approche libre et personnelle du bijou.

Au fil des années, la maison a également noué des collaborations avec de grandes maisons de mode et développé une belle notoriété à l’international, notamment en Chine.

 

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À cette occasion, Philippe Ferrandis a évoqué le succès de la maison en Chine :

« Je crois que notre nom est aujourd’hui plus connu en Chine qu’en Europe. C’est incroyable. Cet engouement s’étend également aux collections vintage, particulièrement recherchées par les jeunes générations. Depuis 40 ans que nous avons créé la maison, il y a beaucoup de choses vintage qui existent sur le marché, et les jeunes sont très sensibles à ça. Nous avons beaucoup de personnes qui recherchent les collections passées, et c’est formidable. C’est un bijou parisien, joyeux, fantaisiste, avec beaucoup de folie et de légèreté. Ce n’est pas fait pour se prendre au sérieux. C’est le sens de la fête, c’est pour s’amuser. »

 

 

Made in Paris : des savoir-faire qui se transmettent

 

La fabrication parisienne et la transmission des savoir-faire occupent également une place importante dans cette édition.

Créée à Paris en 1946, Bijoux Monic s’inscrit dans une histoire familiale intimement liée à la création et à la fabrication joaillière. Après ses débuts comme boutique parisienne, la maison a progressivement développé son activité autour de la conception et de la fabrication de bijoux.

Une partie de sa production est aujourd’hui réalisée dans ses ateliers parisiens, où perdurent notamment des techniques traditionnelles de sertissage. La maison revendique ainsi une approche fondée sur la continuité : celle de gestes et de savoir-faire transmis au fil des générations, tout en les faisant évoluer à travers les collections contemporaines.

 

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Pour Frédéric Jaques, héritier de cette histoire familiale, cette transmission représente bien plus qu’un savoir-faire : elle constitue une véritable responsabilité.

 » C’est une responsabilité, et aussi une responsabilité de transmission. C’est-à-dire que nous, en tant qu’acteurs qui avons la chance de porter un patrimoine français, avons une obligation : celle de le transmettre et de le faire connaître par différents moyens.

Et en même temps, c’est assez formidable de constater que, partout dans le monde, que ce soit en Chine ou dans n’importe quel autre pays, on peut rencontrer des personnes qui vont apprécier nos produits, tout comme les Parisiens les apprécient depuis des générations.  »

 

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Autre exemple parisien, YAY, fondée en 2014 par Julie Terranova, développe une approche contemporaine du bijou autour du travail du fil.

Son savoir-faire repose notamment sur ce qu’elle appelle « l’Art du Fil ». Dans son atelier parisien, les bijoutiers travaillent manuellement le fil précieux à travers différentes techniques de tissage, de nouage et de mise en forme. Les pièces sont réalisées à la commande, ce qui permet de conserver une dimension artisanale dans le processus de fabrication.

Ces deux exemples montrent des approches différentes de la fabrication parisienne : l’une s’inscrit dans une histoire familiale ancienne, l’autre dans une démarche contemporaine fondée sur un geste et une technique spécifiques.

 

 

Tung Chueh : une nouvelle présence chinoise

 

Parmi les nouveaux exposants de l’édition de septembre 2026 figure Tung Chueh, marque chinoise présentée dans la catégorie Bijoux.

Sa participation introduit une nouvelle proposition venue de Chine au sein de BIJORHCA Paris. Pour la marque, le salon constitue un espace de rencontre avec les professionnels européens et une occasion de présenter son travail dans un contexte international.

Cette présence permet également d’observer les échanges qui se développent entre les scènes créatives chinoise et européenne dans le domaine du bijou.

 

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Alors que de nouvelles marques chinoises cherchent à développer leur présence hors de leur marché d’origine, les salons professionnels parisiens constituent l’un des lieux où peuvent se nouer des premiers contacts avec des distributeurs, des acheteurs et d’autres acteurs de la filière.

Avec Tung Chueh, cette édition de BIJORHCA accueille ainsi une nouvelle proposition chinoise aux côtés de créateurs, fabricants et maisons issus de différents marchés.

 

 

Rencontre avec

Émilie Kain-Lacombre

Secrétaire Générale de la Fédération BOCI

 

À cette occasion , Airs de Paris a rencontré Émilie Kain-Lacombre, secrétaire générale de la Fédération BOCI, pour échanger sur les évolutions de la filière, les enjeux auxquels sont confrontés les professionnels du bijou et les perspectives du secteur.

 

Quelles sont les nouveautés de cette édition de BIJORHCA Paris ?

Cette édition présente plusieurs nouveautés. Nous avons notamment accueilli deux pavillons regroupant des marques italiennes et marocaines. C’est l’une des évolutions importantes de cette édition.

Nous sommes également heureux de compter davantage de marques exposantes que lors des sessions précédentes. Les dernières éditions réunissaient environ 150 marques. Cette fois, nous accueillons 180 marques exposantes. Cela témoigne de l’attractivité du salon et de son développement auprès des acheteurs français comme internationaux.

 

Quel premier bilan pouvez-vous dresser de cette édition ?

Nous n’avons pas encore les chiffres officiels de fréquentation, puisque le salon n’est pas encore terminé. Mais les premiers retours des marques exposantes sont très positifs : elles nous indiquent que l’édition fonctionne bien et qu’elles sont satisfaites des échanges avec les acheteurs.

Même si le marché est marqué par un certain ralentissement, le bilan de cette édition est toutefois très positif.

Cette édition est également marquée par les 40 ans de création de Philippe Ferrandis. Philippe Ferrandis, qui est l’un de nos adhérents, profite de BIJORHCA Paris pour célébrer les 40 ans de sa marque. Une exposition lui est consacrée sur le salon, avec notamment une très belle sélection de photographies qui retracent son parcours et son univers créatif.

 

Pouvez-vous nous présenter la BOCI ?

La BOCI est une fédération française qui rassemble environ 150 entreprises (créateurs, fabricants, sous-traitants…) au sein de son collectif. Une vingtaine de nos adhérents exposent cette année sur BIJORHCA Paris.

Nous sommes partenaires de WSN, qui opère et commercialise aujourd’hui le salon. Mais l’histoire entre la BOCI et BIJORHCA est plus ancienne : c’est la BOCI qui a créé le salon dans les années 1930. Nous sommes propriétaires de la marque et travaillons en partenariat avec WSN pour poursuivre son développement.

Notre nouveauté cette année est justement notre propre espace sur le salon. Nous avons souhaité créer un stand avec une scénographie particulièrement travaillée, afin d’accueillir nos adhérents mais aussi l’ensemble de l’écosystème professionnel de la bijouterie.

C’est un espace de rencontre qui permet de réunir les différents acteurs du secteur et de créer des échanges autour de la création, des savoir-faire et de l’évolution de la filière.

 

Pour des marques françaises comme Philippe Ferrandis, quel est le rôle de la BOCI dans leur développement à l’international ?

L’un des rôles de la BOCI est justement d’accompagner le développement de ses membres à l’international.

Pour cela, nous travaillons avec plusieurs partenaires, notamment Business France,  mais aussi Francéclat, qui accompagne les entreprises du secteur dans leur développement à l’export. D’ailleurs, Francéclat a mis en place une plateforme en ligne à destination de l’international mettant en lumière les marques de bijouterie françaises, ( https://international.franceclat.fr/ ), des adhérents de la BOCI y sont représentés.

Cet accompagnement peut notamment passer par la participation à des pavillons français sur des salons internationaux, mais aussi par différents dispositifs d’aide et de financement permettant aux marques de développer leur activité à l’étranger.

Notre rôle est de travailler avec l’ensemble de ces partenaires, de fédérer les différents acteurs et surtout d’accompagner nos adhérents dans leurs démarches. Beaucoup de marques souhaitent aujourd’hui se développer à l’export, notamment sur le marché chinois.

Or, le marché chinois présente des spécificités importantes, très différentes de celles du marché français. Il est donc essentiel pour les marques de bien comprendre cet environnement avant de s’y développer.

Notre rôle consiste ainsi à orienter nos membres vers les bons interlocuteurs, à leur transmettre les informations nécessaires et à les aider à identifier les dispositifs et les partenaires adaptés à leur projet international.

Nous travaillons également avec d’autres organisations professionnelles, notamment la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin, qui organise elle aussi des opérations et des événements à l’international, notamment en Asie.

L’objectif est finalement de fédérer et de mettre en relation l’ensemble de cet écosystème, afin que les marques puissent bénéficier des compétences, des réseaux et des dispositifs existants pour construire leur développement à l’international.

 

On voit aujourd’hui de plus en plus de marques chinoises disposant de savoir-faire spécifiques qui cherchent à se développer sur le marché français. Quel rôle la BOCI peut-elle jouer dans ces échanges ?

On observe effectivement une évolution du marché chinois, avec de plus en plus de marques qui disposent de véritables savoir-faire et qui cherchent à développer leur présence sur le marché français. Certaines peuvent également être intéressées par des collaborations avec des ateliers ou des entreprises françaises.

À la BOCI, nous représentons à la fois des marques qui développent leurs propres collections et des ateliers et fabricants qui travaillent pour ces marques. Notre rôle est aussi  de favoriser les mises en relation.

Par exemple, une marque chinoise qui souhaiterait développer ou faire fabriquer certaines pièces en France pourrait être mise en contact avec des ateliers français membres de notre réseau, qui disposent des compétences et des savoir-faire nécessaires.

Le savoir-faire français dans le domaine de la bijouterie et de la joaillerie existe depuis longtemps et bénéficie également d’une certaine reconnaissance à l’international. Pour les marques chinoises qui souhaitent développer certains produits ou certaines collaborations en France, cela peut représenter une complémentarité intéressante avec leurs propres compétences et leur univers créatif.

Nous pouvons donc également jouer ce rôle d’intermédiaire et de facilitateur entre les marques chinoises et les entreprises françaises, afin de favoriser des collaborations concrètes autour de la création, du développement et de la fabrication.

 

Quelle place les savoir-faire français peuvent-ils occuper dans les échanges avec le marché chinois ?

L’un des rôles de la BOCI est de faire connaître et de promouvoir les savoir-faire français, aussi bien en France qu’à l’international.

Nous avons d’ailleurs plusieurs marques qui se développent déjà sur les marchés asiatiques. Ces marchés connaissent aujourd’hui une reprise, même s’ils ont eux aussi traversé une période de ralentissement. Le contexte international actuel ne facilite pas toujours le développement à l’export et les entreprises doivent composer avec un environnement économique et commercial plus complexe.

Certaines de nos marques cherchent donc aujourd’hui à conquérir de nouveaux marchés et à accroître leur visibilité. La Chine peut notamment représenter un marché intéressant, compte tenu de son importance et de son pouvoir d’attraction.

 

 

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Interview: Wendy

Rédaction: Hervé

 

 

 

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