Le Beau pour tous

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Le design se réinvente à chaque époque en suivant les évolutions de la société, des technologies et bien entendu des matériaux. En célébrant « Le Beau pour tous », Prisunic et Monoprix, deux grandes enseignes de distribution d’objets du quotidien, ont marqué l’histoire du design populaire en France.

L’exposition « Le design pour tous : de Prisunic à Monoprix, une aventure française » retrace dans les collections permanentes du musée des Arts Décoratifs, à travers plus de 500 œuvres (mobilier, objets et affiches publicitaires), cette aventure créative et engagée, que résume le slogan devenu culte : « Le Beau au prix du laid ». Elle revient sur les plus grands succès des collaborations initiées dans les années 1960 par Prisunic et poursuivies par Monoprix, avec des designers de renom.

C’est la première fois pour le Musée de consacrer une exposition à l’univers de la grande distribution, fait revivre une aventure créative et graphique qui a marqué l’histoire du design en France. Elle apporte un nouveau regard sur le parcours permanent, qui présentait déjà, depuis 2018, une sélection de pièces Prisunic issues des collections du musée.

 Le Beau pour tous

Née en 1931, la chaîne de magasins Prisunic introduit en France, dès 1946, le marketing selon le modèle américain grâce à son nouveau directeur Jacques Gueden et a su démocratiser, dès la fin des années 1950, le mobilier et l’habillement contemporains de qualité.

« Le Beau au prix du laid » devient le slogan officiel, créé par Denise Fayolle, directrice du bureau du style de 1957 à 1967. L’enseigne impulse les premières collaborations avec des créateurs. S’y côtoient les grands noms du design et du graphisme parmi lesquels Terence Conran, qui participe au premier catalogue de vente en 1968 présentant mobilier, luminaire et vaisselle que l’enseigne, pionnière par sa formule de vente par correspondance, met habilement en scène. En 1997, Prisunic fusionne avec Monoprix, animé par une volonté égale de rendre le design accessible à tous : l’enseigne, qui réaffirme « le plaisir de vivre à la française », occupe dès lors une place de choix dans le quotidien des consommateurs.

Thématique et chronologique

L’exposition, thématique et chronologique, est conçue en deux parties : la première, consacrée à Prisunic, s’illustre par des collaborations majeures initiées avec des graphistes et designers que les catalogues de vente par correspondance diffusent entre 1968 et 1976. Le second volet met en lumière les réalisations phares de créateurs invités par Monoprix en reprenant un thème cher à l’enseigne – l’objet du quotidien – à travers l’art de la table, l’assise et l’habillement.

Présenté dans les collections modernes et contemporaines, le parcours propose un dispositif original de « ready-made » (mobilier et présentoirs de magasin utilisés comme systèmes de présentation) qui évoque l’univers de la grande distribution, servi par une scénographie colorée et lumineuse.

Le concours Prisunic – Shell, 1970

En 1970, en partenariat avec Shell et le Centre de création industrielle (C.C.I.) fondé ici même au pavillon de Marsan, Prisunic organise un concours international de design. Son but : encourager la création de meubles tout en développant la recherche autour de la mousse de polyuréthane. Résistante, celle-ci permet de réaliser un mobilier bon marché, modulable, coloré, aux formes souples répondant aux nouveaux modes de vie développés autour de mai 1968.

Le projet de sièges et de tables empilables ” Balthasar ” de Danielle Quarante est sélectionné pour le concours Prisunic-Shell 70 qui en sera l’éditeur. Elle partage son expérience avec Airs de Paris.

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Danielle Quarante :

C’était le rêve des designers parce que Prisunic voulait vendre des bons produits au prix du laid. C’était merveilleux ! Parce qu’à cette époque, on était très joyeux, on n’avait pas peur de l’avenir et on créait des produits colorés en orange, en rouge, en violet. Enfin, c’était une époque merveilleuse. J’ai fait 2 fauteuils.

Le fauteuil « Albatros » dont la liberté de forme était permise par le matériel lui-même qui offrait en même temps la résistance et l’élasticité. C’était un fauteuil qui était finalement cher .

Ensuite, il y a eu « Balthasar ». 1500 participants étaient présents pour le concours et j’ai gagné ce concours. Prisunic a pu vendre mes fauteuils sur catalogue qui montre un fauteuil soit disant en Polyuréthane en peau intégrale. Mais c’était impossible à fabriquer comme cela. Alors on a changé la fabrication et c’est un fabricant de bateau, qui a réalisé mon fauteuil en matière thermoformée.

Version chinoise :
https://mp.weixin.qq.com/s/NO9WKUIom6UT3Xe5h4-KEA

Proposition de lecture :
https://www.airsdeparis.fr/a-la-une/aux-sources-de-la-modernite/

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