Nicolas Deschamps : Un regard sur l’art traditionnel chinois

 

 

 

Nicolas Deschamps vient de terminer la production de cinq films dédiés à l’art traditionnel chinois, qui seront prochainement diffusés sur TV5 Monde et Museum TV. Ces films offrent une plongée immersive dans l’immensité et la diversité des traditions artistiques de la Chine, invitant le spectateur à un voyage visuel au cœur d’une culture millénaire.

En tant que producteur au sein de Realworks, Nicolas Deschamps a réussi à saisir l’essence de cet héritage culturel, rendant hommage à la beauté et à la profondeur des arts chinois. Le magazine Airs de Paris a eu l’opportunité de le rencontrer, découvrant ainsi les inspirations qui sous-tendent ce projet captivant.

 

 

Rencontre avec

Nicolas Deschamps

 

Nicolas Deschamps 2

 

Pourriez-vous nous en parler un peu plus sur vos films sur la Chine ?

Nous avons consacré une année entière à tourner dans différentes villes emblématiques de Chine : Changsha, Tianjin, Nanjing, Pékin et Chengdu. À chacune de ces étapes, nous avons rencontré de grands maîtres dans des disciplines telles que la calligraphie, la peinture ou encore la céramique. Ces films nous font découvrir la vision de l’art en Chine, qui possède une longue histoire millénaire et une tradition riche.

 

Pourquoi vous intéressez-vous à la Chine ?

Je viens d’une famille d’artistes, et mon intérêt pour la Chine n’a cessé de grandir au fil des années. À ce jour, j’en suis à mon 15e film consacré à ce pays, ce qui témoigne de ma fascination pour sa richesse culturelle et artistique.

L’art traditionnel chinois est empreint d’un mystère captivant. Cependant, avec notre sensibilité d’Européens, il peut être difficile de pleinement en saisir les subtilités. Cela nécessite des explications, un accompagnement, et parfois un véritable effort de compréhension pour explorer sa profondeur et sa signification.

À travers un film, il devient possible de révéler et de partager ces aspects fascinants de la culture chinoise avec un public plus large. Réaliser des films sur la Chine m’a permis de changer de perspective. Chaque film que je crée est une source de transformation personnelle.

Il m’amène à découvrir un savoir nouveau que je n’avais pas encore, et le processus de création m’enrichit. J’assimile ce savoir, je le transforme en une histoire universelle, puis je le partage avec un public plus large. Cette démarche est ma manière de mieux comprendre la Chine et de contribuer, à mon échelle, à révéler ses subtilités culturelles au monde.

 

Comment trouvez-vous vos thèmes de film ?

Nous avons passé tout un été à rencontrer des maîtres d’art, les uns après les autres. Ce travail de repérage a été essentiel pour comprendre leurs pratiques, leurs histoires et leurs univers. Par la suite, nous avons choisi de nous concentrer sur cinq maîtres, qui sont également de véritables ambassadeurs culturels de leur région.

En Chine, chaque région possède sa propre identité culturelle, qui peut être radicalement différente d’une autre. En effet, être dans la région de Chengdu n’est pas la même chose que d’être à Nanjing ou à Jingdezhen.

Ces territoires nous permettent de nous plonger dans des cultures uniques, chacune avec ses spécificités, ses récits et sa manière de vivre.

La Chine n’est pas une nation uniforme. Elle est composée d’une mosaïque de particularités régionales, et c’est cette diversité qui nous fascine et que nous voulons mettre en lumière à travers nos films.

 

La télévision française s’intéresse-t-elle à la Chine ?

De plus en plus, je pense que la Chine suscite un véritable intérêt, car elle reste un mystère fascinant. Nous avons passé trop de temps à lui tourner le dos, alors qu’elle a tant de choses à nous apprendre, y compris sur notre propre histoire.

Pour illustrer cela, je me permets de partager une anecdote personnelle. Durant mon enfance en Normandie, une région profondément marquée par les bombardements de la guerre,  mon grand-père me racontait des histoires. Il vivait à l’époque juste en dessous d’un musée chinois qui avait été entièrement détruit par les bombardements. Après cette tragédie, il avait ramassé des objets chinois, notamment des porcelaines, qui sont encore chez moi aujourd’hui. Ces objets, brisés par la guerre, m’ont toujours intrigué et me poussent encore à m’interroger sur leur origine, leur histoire, et ce qu’ils représentent.

Ce souvenir m’a profondément marqué et m’a fait comprendre qu’il est essentiel de reconnaître que, même si nos cultures et nos histoires diffèrent, il existe un patrimoine commun qui nous lie. Ce patrimoine, qu’il soit matériel ou immatériel, doit être préservé, étudié et surtout partagé avec le plus grand nombre.

 

Quel regard portez-vous sur la Chine ?

Chaque fois que je visite la Chine, je ressens un choc émotionnel. Ce qui me touche profondément, c’est à la fois la gentillesse des gens, leur douceur, et la richesse culturelle immense qui émane de ce pays.

Il y a beaucoup d’humilité chez les Chinois. Ils ne mettent pas leur culture en avant, et cela demande un vrai travail de découverte. Il faut chercher, questionner et prendre le temps de comprendre. Cela nécessite beaucoup de patience, mais c’est aussi ce qui rend chaque rencontre et chaque exploration si enrichissante. Plus je découvre la Chine, plus je réalise à quel point je suis ignorant face aux millénaires de culture qui n’attendent qu’à être rencontrés et partagés.

Je suis également touché par l’histoire de la Chine et par les épreuves qu’elle a traversées. Par exemple, le saccage du palais d’Été me bouleverse. Ce lieu, pillé et détruit, représente une perte immense, comparable à ce que nous ressentirions si Versailles avait été détruit. Cela illustre combien nous avons trop longtemps considéré la Chine comme une simple terre d’exploitation, sans reconnaître la profondeur de sa culture et son raffinement, qui ont bien plus à offrir que des biens commerciaux.

 

Quel est votre futur projet ?

Nous sommes actuellement en train de développer un projet passionnant, car la créativité en Chine va bien au-delà de la mode. Il existe une richesse culturelle incroyable qui mérite d’être mise en lumière dans un film. Nous sommes en phase de développement, et notre objectif principal est de trouver une histoire forte qui pourra captiver le public.

Nous explorons des collaborations avec des créateurs de mode qui intègrent les broderies traditionnelles des Miaos dans leurs collections. À ce stade, nous recherchons une narration originale qui puisse mettre en valeur cette fusion entre tradition et modernité. Le projet avance, mais il reste encore beaucoup à faire, et j’aimerais vraiment qu’il prenne forme.

 

Interview : Wendy

Rédaction: Hervé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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