Touche chinoise au château de Thoiry

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Touche Chinoise au château de Thoiry qui est un monument d’exception datant de la Renaissance Française. Le château conserve des archives précieuses, seuls témoins du lien d’amitié entre la France et la Chine depuis 17ème siècle. Le comte de La Panouse et sa famille, les occupants du château, nous racontent leur saga.

Vous possédez un livre en chinois qui date du 17ème siècle, pourriez-vous nous en dire plus ?

Au Château de Thoiry, un livre, vieux de 350 ans, témoigne de l’intérêt des ancêtres du comte de La Panouse pour la Chine. En 1667, Athanase Kircher, un prêtre jésuite, publia en latin, ‘‘China Illustrata’’, traduit en français en 1670. Sa description et ses illustrations sur la Chine et l’Extrême-Orient eurent un très grand succès. L’approche encyclopédique de l’ouvrage aborde les questions de géographie, de civilisation, d’architecture, les langues, les sciences, la religion, la littérature et autres sujets sur la Chine. Il réunit les informations envoyées par les missionnaires jésuites qui avaient gagné la confiance des Empereurs. Les échanges culturels furent réciproques. A l’époque du livre d’Athanase Kircher, six savants jésuites envoyés par Louis XIV aidèrent l’empereur Kangxi, qui régna de 1661 à 1722, à moderniser la science et l’artillerie chinoise.

Pourriez-vous nous raconter comment Thoiry a su garder le secret de la fabrication de la porcelaine ?

Les ancêtres des châtelains, ministres et armateurs, ont laissé des documents historiques sur les relations maritimes entre la France et la Chine dans 400.000 pièces d’archives à Thoiry. L’Europe importa des millions de pièces de porcelaines. Le transport par bateaux à voiles était risqué et coûteux du fait des tempêtes, des pirates et des corsaires. Les pays européens cherchaient à découvrir les secrets de la fabrication de la porcelaine pour réduire le coût des importations et avoir l’exclusivité de la vente d’objets luxueux devenus fleurons de l’art de vivre. Quelques copies imparfaites de porcelaine tendre apparurent dès le 16ème siècle. Pour fabriquer la porcelaine dure, plus fine et impossible de rayer, il fallut réunir deux facteurs : la matière kaolin, et les secrets de fabrication. Le mot kaolin vient du mot chinois gaoling (高岭), signifiant “Collines Hautes”, carrières situées à Jingdezhen province de Jiangxi. En 1712, un jésuite français : le père d’Entrecolles, envoya une lettre où il indiquait les secrets de fabrication qu’il avait observés à Jingdezhen.

On découvrit ensuite des carrières de kaolin, en Allemagne, à Meissen en Saxe, et en France, près de Limoges. Des chimistes trouvèrent les ingrédients de substitution et les techniques de cuisson pour réussir une production de qualité. En France, pour protéger le savoir-faire acquis, l’ingénieur en chef, Jean Hellot, conserva les secrets de fabrication. Il confia une partie des matériaux et des formules de chaque stade de la fabrication à un atelier différend. Jean-Baptiste de Machault, ministre des Finances de Louis XV (de 1745 à 1756) reçut l’unique manuscrit et ses formules. Il transféra la Manufacture royale de la porcelaine de Vincennes à Sèvres (près de Meudon où il avait un château). Ses descendants gardèrent à Thoiry les secrets originaux de la fabrication des porcelaines françaises.

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Pourquoi le papier chinois du château est-il devenu un « patrimoine historique français » ?

Un magnifique papier peint par des artistes chinois au début du 18ème siècle a été classé monument historique par l’Etat français au Château de Thoiry. Des porcelaines rares furent importées de Chine au 18ème siècle. Deux cache-pots aux armes du Roi de France, des vases, assiettes, tasses, théières embellissent depuis trois à quatre siècles les actes de la vie quotidienne des ancêtres du comte de La Panouse. Des soieries et des meubles en laque ornent les chambres du Château.

 Y a-t-il encore d’autres trésors chinois au château ?

Annabelle de La Panouse a restauré les jardins anglo-chinois de Thoiry. Parmi les végétaux originaires de Chine qu’elle a plantés, deux sont de très anciennes espèces d’arbres, le métaséquoia et les ginkos biloba. Au 17ème siècle, les jardins à la Française soumettaient la nature aux perspectives de l’art classique. Ceux de Thoiry furent dessinés par Claude Desgot, petit neveu et successeur de Le Nôtre. Au 18ème siècle, c’est de Chine que les peintres jésuites ont fait découvrir aux Européens la vision et les règles esthétiques des jardins de Chine. Les jardins dits anglo-chinois rendent le paysage plus naturel que nature et illustrent une vision romantique d’une nature idéalisée en France par l’écrivain, Jean jacques Rousseau.

La famille de La Panouse organise à Thoiry des manifestations culturelles chinoises, comme le festival des lanternes chinoises réalisées par des artistes de la ville de Zigong illuminent les jardins du Château de Thoiry.

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Version chinoise :
https://mp.weixin.qq.com/s/E-dK5CiWQ-47ejrz-WMq2Q

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