Du 1er au 3 septembre 2026, Première Vision Paris a placé l’innovation au cœur de son édition et a proposé une réflexion sur les grandes transformations qui façonnent aujourd’hui l’industrie de la mode.
Pour cette édition, le salon a mis à l’honneur la création, les nouvelles technologies, la durabilité et l’évolution des attentes des consommateurs. Autant de thématiques qui ont illustré les mutations profondes d’un secteur en pleine transformation.
Rendez-vous incontournable des professionnels de la mode, Première Vision Paris a une nouvelle fois réuni les acteurs de la filière autour des matières, des savoir-faire et des innovations qui contribueront à façonner les collections de demain.
À travers son édition de septembre 2026, le salon a également ouvert une réflexion plus large sur l’avenir de la filière et sur les nouvelles façons d’imaginer, de produire et de créer la mode.
Plus de 100 experts réunis autour des grands enjeux de la mode
Parmi les temps forts de cette édition, les Talks & Pitchs ont proposé un programme riche en conférences, rencontres et prises de parole.
Organisée autour de deux scènes complémentaires, Innovation & Technology et Fashion & Beauty, la programmation a réuni plus de 100 experts internationaux, venus partager leurs analyses, leurs expériences et leur vision de l’évolution des industries de la mode et de la création.
Innovation, durabilité, nouvelles technologies, création, transformation des marchés et évolution des comportements des consommateurs ont été au cœur des échanges. Ces thématiques ont témoigné des profondes mutations d’une industrie confrontée à un défi majeur : concilier créativité, performance économique et responsabilité.

Vers une mode plus juste
La responsabilité sociale et environnementale de la filière textile occupe également une place importante dans les discussions, notamment à travers la certification Fairtrade. Celle-ci vise notamment à améliorer les conditions de travail et de rémunération dans la chaîne textile et à favoriser progressivement l’accès des travailleurs à un salaire décent.
Sophie Maillard, responsable du développement, a expliqué les mécanismes mis en place dans le cadre du standard textile Fairtrade. Celui-ci se concentre notamment sur les usines de confection et repose sur deux dispositifs complémentaires : le Fairtrade Minimum Price, qui garantit un prix minimum Fairtrade, et le Living Wage Differential, un différentiel destiné à contribuer progressivement à l’atteinte d’un salaire décent.

« Ces deux mécanismes permettent de mettre en place un système transparent pour améliorer progressivement les salaires et réduire l’écart entre les salaires actuellement versés et le niveau de salaire décent. »
L’innovation technologique au service de la création
La scène Innovation & Technology met en lumière les acteurs qui imaginent les solutions et les technologies appelées à transformer l’industrie de la mode. Intelligence artificielle, outils numériques, nouveaux procédés de fabrication et matériaux innovants ouvrent de nouvelles perspectives aux créateurs comme aux industriels. L’enjeu ne se limite plus à produire autrement : il s’agit également de repenser la manière de concevoir, développer et donner vie aux produits de demain.
PELINOVA® propose de son côté une nouvelle génération de matériaux intégrant des fibres de cuir recyclé et du TENCEL™ Lyocell. Cette solution valorise les déchets issus de l’industrie du cuir et cherche ainsi à offrir une alternative circulaire aux matériaux traditionnels.

Parmi les innovations présentées, RECYCTEX développe des tissus à partir de matières recyclées et biosourcées, notamment du polyester et du nylon recyclés, des déchets textiles ou encore des bouteilles plastiques.

Autre piste explorée : celle du mycélium. SynMetabio utilise des déchets agricoles comme ressources pour développer de nouveaux biomatériaux grâce à la fermentation. Ces matériaux peuvent trouver des applications dans plusieurs secteurs, de la mode et de la chaussure aux accessoires, à l’automobile et au mobilier.

À travers ces différentes initiatives, Première Vision témoigne d’une évolution de l’innovation textile : la performance et l’esthétique restent essentielles, mais elles s’accompagnent désormais d’une réflexion sur l’origine des matières, leur impact environnemental et leur capacité à s’intégrer dans des modèles circulaires.
Quand la mode rencontre la cosmétique
À travers le Cosmetic Village, Première Vision Paris élargit son offre aux professionnels de la beauté et crée un espace dédié aux échanges entre marques, laboratoires, fabricants et experts de la cosmétique.
Cet espace met en lumière la diversité des savoir-faire de la filière, de la création olfactive et de la formulation à la recherche et développement, la fabrication et le conditionnement, jusqu’à l’accompagnement des marques dans la mise sur le marché de leurs produits.
Parmi les exposants présents, Créassence accompagne notamment les marques de parfumerie artistique et de niche dans la création d’identités olfactives, d’ateliers de création et d’expériences sensorielles sur mesure.

Avec le Cosmetic Village, Première Vision poursuit ainsi son ambition de créer des passerelles entre mode et beauté, deux univers de plus en plus complémentaires, où se croisent création, innovation et nouveaux savoir-faire.
Une édition tournée vers l’avenir
Avec cette édition de septembre 2026, Première Vision Paris confirme son ambition d’être bien plus qu’un rendez-vous consacré aux matières et aux collections. Le salon entend également s’affirmer comme un lieu de réflexion sur les transformations de la mode et sur les solutions permettant aux professionnels d’y répondre.
Innovation, technologie, création et durabilité constituent les principaux fils conducteurs de cette édition. À travers les conférences, les rencontres et les pitchs, Première Vision cherche ainsi à donner des clés de compréhension aux marques et aux créateurs face aux mutations du secteur.
L’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre innovation, performance, créativité et responsabilité, afin d’imaginer une industrie de la mode capable de répondre aux défis économiques, environnementaux et sociaux de demain.
Rencontre avec
Florence Rousson
Florence Rousson, présidente du Directoire de Première Vision et directrice générale de la Division Mode de GL events, revient sur les ambitions de cette nouvelle édition et sur l’évolution du rôle du salon auprès des marques et des créateurs.

Pourquoi avoir choisi de mettre l’innovation et la technologie au cœur de cette édition de Première Vision ?
L’innovation fait écho à la thématique du mois de février, où nous avions choisi de mettre en valeur les savoir-faire et tout le travail de la main. Nous considérons aujourd’hui que deux grands leviers de développement s’offrent aux entreprises et aux marques : miser sur l’excellence, les savoir-faire et le travail de la main, ou intégrer davantage d’innovation et de technologie.
Cette innovation peut intervenir à tous les niveaux de l’entreprise : dans la création, la production, mais aussi dans les différents métiers et processus qui la composent. Ce sont pour nous des enjeux majeurs dans la transformation des entreprises.
Première Vision étant avant tout un salon où l’on vient chercher des solutions, il nous semblait donc important de développer cette thématique à travers une offre exposante, mais aussi grâce aux conférences et aux pitchs, afin d’apporter des réponses concrètes aux professionnels.
Nous constatons d’ailleurs un véritable intérêt pour cette thématique, car elle répond à des problématiques très concrètes auxquelles les entreprises et les marques sont aujourd’hui confrontées.
Comment souhaitez-vous faire évoluer le rôle de Première Vision pour répondre aux nouveaux besoins des créateurs et des marques de mode ?
Nous avons toujours travaillé dans cette optique. Aujourd’hui, il nous semble important de renforcer le rôle de Première Vision comme véritable plateforme de mise en relation.
Le monde change et les besoins évoluent. Nous disposons d’une expertise et d’une connaissance de l’offre du marché ainsi que des grandes thématiques qui traversent le secteur. Nous allons donc vers toujours plus de services personnalisés, afin de permettre aux créateurs et aux marques d’accéder à un sourcing et à une vision de l’offre capables de les éclairer, y compris sur des sujets ou des opportunités qu’ils n’avaient pas forcément identifiés au départ.
Première Vision Paris reste votre plateforme centrale, mais vous développez également des rendez-vous à l’international. Comment articulez-vous ces différentes présences ?
Ce qui nous intéresse, c’est que Première Vision Paris reste le salon le plus important. Même s’il a diminué en taille, il conserve une offre qualitative et représentative du marché international. L’offre de Première Vision est d’ailleurs internationale à 90 %, ce qui constitue une véritable richesse.
Nous avons également des équipes implantées dans différents pays, qui connaissent leurs marchés respectifs. Or, nous savons que les marques doivent aujourd’hui composer avec des contraintes d’agenda et de budget.
L’idée est donc de conserver cette plateforme centrale à Paris tout en développant des événements « satellites » dans différents pays. Cela permet aux entreprises de plus petite taille, ou à celles qui n’ont pas forcément le temps ou les moyens de venir à Paris, de bénéficier malgré tout de l’expérience Première Vision, notamment à New York, Montréal, Milan ou Tokyo.
Nous travaillons ainsi avec une véritable ouverture sur le monde, car il est essentiel pour nous de proposer une offre internationale et de conserver cette représentativité mondiale du marché.
Quelle place la Chine occupe-t-elle aujourd’hui dans votre stratégie de développement ?
La Chine est un marché important pour nous. Nous avons un bureau à Shanghai, avec des équipes chinoises qui connaissent très bien le marché local et travaillent toute l’année sur place.
Notre volonté est de développer une offre chinoise qualitative. Comme toujours, nous appliquons notre comité de sélection et toutes les entreprises candidates ne sont pas retenues. Ce que l’on retrouve à Première Vision Paris correspond donc au meilleur de l’offre chinoise, avec une exigence de sélectivité qui fait partie de notre identité.
Nous souhaitons également accompagner davantage de designers chinois à Paris. Deux axes de développement nous semblent particulièrement importants.
Le premier concerne les marques chinoises émergentes qui deviennent progressivement des références dans la définition des tendances à l’échelle mondiale. Nos équipes sur place travaillent notamment avec la Shanghai Fashion Week afin d’identifier les designers et les entreprises les plus intéressants.
Le second concerne le développement des plateformes en ligne et de nouveaux acteurs de la distribution qui réalisent aujourd’hui des volumes d’affaires importants. Nous ne parlons pas ici de fast fashion ou d’ultra-fast fashion, mais de marques, de designers et d’entreprises proposant de nouveaux canaux de distribution et présentant un réel potentiel.
Notre objectif est donc d’identifier ces acteurs et de mettre cette expertise au service de nos exposants. Lorsque nous invitons des entreprises chinoises à Première Vision Paris, nous voulons pouvoir garantir leur sérieux et créer des opportunités de business concrètes.
Au-delà de la mise en relation, notre ambition est véritablement d’accompagner le développement de ces échanges et de créer des relations durables et créatrices de valeur pour les deux parties.

Interview: Wendy
Rédaction: Hervé
Photo: Charles
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