Cette saison, la maison UJOH explore l’idée d’antithèse : non pas une rupture, mais un dialogue avec ses propres fondations.
Entre minimalisme affûté, énergie grunge et savoir-faire textile, la silhouette se redéfinit dans une tension subtile entre rigueur et désordre.

Repenser ses propres codes
Chez UJOH, l’antithèse devient une méthode créative. La marque examine ses lignes, ses volumes et ses certitudes pour mieux les transformer. L’ADN de la maison demeure intact, mais s’affirme avec davantage de force.
Les contours se font plus précis, presque incisifs, tandis que les volumes gagnent en liberté. Cette saison, le minimalisme signature se charge d’une insolence nouvelle, nourrie par une énergie grunge et un esprit rock hérité des années 1990. Entre élégance contrôlée et désordre assumé, la silhouette s’écrit dans une tension permanente.

La matière comme manifeste
Fidèle à son approche artisanale, UJOH place la matière au cœur du processus. Certaines étoffes sont tissées sur une machine Schönherr des années 1960 installée au Japon, dont la cadence est cinq fois plus lente que celle des métiers modernes.
Cette lenteur redonne du temps au textile. Elle révèle des nylons inédits, des textures transparentes et des surfaces vibrantes. À l’heure de la production accélérée, ce choix devient presque un manifeste : prendre le temps pour redonner de la valeur à la matière.

Silhouettes en friction
La collection multiplie les contrastes. Faux suède et fausse fourrure habillent une veste aviateur, tandis que la dentelle surgit là où on ne l’attend pas. Des zips tranchants traversent les pièces et ouvrent les lignes du vêtement.
Les silhouettes deviennent franches, parfois accidentées, comme si le vêtement révélait ses tensions internes. L’élégance se construit ici dans la friction des éléments.

Une palette profonde
La couleur accompagne ce mouvement. Le noir domine, rejoint par des tons chocolat et bois de rose. Un vert fougère et un mystérieux « dark figue » viennent troubler cette base sombre, tandis que des nuances « sharkskin » — blanc et beige — apportent une respiration lumineuse.
Les carreaux, eux, flirtent ouvertement avec l’esthétique grunge et rappellent l’héritage des années 1990 qui traverse la collection.

Un défilé comme un vestiaire
Même la mise en scène s’affranchit des conventions. Le défilé abandonne la narration linéaire : les pièces apparaissent dans un ordre libre, comme un vestiaire que l’on explore plutôt qu’une histoire que l’on suit.
Cette liberté reflète l’esprit de la collection : refuser l’ordre établi pour mieux proposer une autre manière de regarder le vêtement.

Rencontre créative
Au cœur de la saison, une collaboration vient enrichir la collection. UJOH signe les costumes de scène du duo japonais Dreams Come True pour leur tournée. Les recherches textiles et les savoir-faire développés pour ces créations nourrissent directement certaines pièces présentées sur le podium.

Chez UJOH, l’antithèse devient ainsi une posture. Une forme d’élégance consciente, presque philosophique : savoir exactement ce que l’on fait… et choisir, délibérément, d’en faire l’inverse.

Rédaction: Hervé
Version Anglaise:
https://airsdeparis.com/fashion/ujoh-the-elegance-of-disobedience/
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