Autrefois reléguée aux marges de la société, une créativité silencieuse n’a cessé de se déployer. Avec le temps, cette énergie a peu à peu émergé jusque dans le cœur même de la culture dominante.
À travers sa réflexion pour l’automne-hiver 2025, Hiroaki Sueyasu s’est confronté à cette réalité, et s’est senti plus que jamais attiré par la richesse des cultures de son propre pays, une fascination née de l’imaginaire si singulier des Japonais, tel qu’il s’exprime dans des univers comme l’anime, les figurines, la musique électronique ou le cosplay.
En particulier, à une époque des années 1990 au début des années 2000 où le terme « otaku » portait encore une connotation péjorative, ces créateurs ont su, selon Hiroaki Sueyasu, « combiner des morceaux du réel, les exagérer, et faire naître des mondes miniatures peuplés de choses impossibles, rendues tangibles avec une intensité de réalité poussée à 200% ».
Collection Printemps-Été 2026 :
Tokyo comme Source d’Inspiration
Pour sa collection printemps-été 2026, Hiroaki Sueyasu revisite la mémoire culturelle de Tokyo, réinterprétant ses mutations du Harajuku exubérant à l’Akihabara électrique à travers le prisme du design.
Des formes évoquant les écailles de Godzilla aux finitions en caoutchouc inspirées de la texture des figurines, chaque détail célèbre ce que Sueyasu appelle aujourd’hui la « sensibilité japonaise », une matière visuelle qui le fascine toujours autant.
Collaborations Artistiques :
Quand l’Artisanat Rencontre l’Imaginaire Otaku
CTCTYO (Chūō-chō Senjutsu Kōgei), un studio tokyoïte d’arts appliqués tactiques, brouille les frontières entre accessoire, sculpture et design de combat.
Spécialisé dans la résine acrylique, il conçoit des pièces aux allures futuristes inspirées de l’univers anime, mêlant technologies industrielles, artisanat de précision et esthétique de l’armement fictif.
Des accessoires créés en collaboration avec ce studio comme une armure corporelle en résine ou une version fleurie de l’accessoire « oreilles de chat blindé », une pièce au design mêlant kawaii et armure futuriste, évoquent une transformation de la silhouette humaine en figurine vivante.
La collection fait aussi apparaître des pièces uniques, nées d’une collaboration avec Tatsunoko Production, pionnier de l’animation japonaise, autour de séries cultes telles que Gatchaman (Kagaku Ninja-tai Gatchaman) ou Speed Racer (Mach Go Go Go).
Un Manifeste Esthétique
entre Contradictions et Harmonie
Chez KIDILL, des symboles apparemment opposés, punk et cyber, motifs floraux foisonnants et destruction, kawaii et grotesque, coexistent et s’entrelacent à travers les pièces, les tissus et les silhouettes. Ce mélange inédit génère constamment un déjà-vu frais, une résistance à l’uniformisation.
Cette esthétique qui embrasse des psychés ambivalentes et complexes, ainsi que la remise en question des hiérarchies culturelles, résonne profondément avec la lignée punk, qui lutte contre les valeurs établies. Cela pourrait bien être le point de départ d’un nouveau récit.
Ce qui réjouit Hiroaki Sueyasu, c’est de voir une sensibilité longtemps restée en retrait s’ouvrir peu à peu, portée par les mouvements de son époque.
Cette joie intérieure nourrit sa vision de la création, qu’il fait éclore à travers la mode. Son travail offre une nouvelle légitimité, transformant ce qui était autrefois marginal en une force motrice de la mode contemporaine.
Version Anglaise et Chinoise:
https://airsdeparis.com/fashion/kidill-spiritual-bloom/
Magazine digital – Fashion
https://www.airsdeparis.fr/publication/airs-de-paris-2024-mode-2/
Magazine imprimé

https://www.journaux.fr/airs-de-paris_mode-beaute_feminin_280044.html
Abonnement dans le monde

















