Pascal Millet

Un talentueux couturier

Pascal Millet choisit pour ses créations des matières nobles et des coupes facilement portables qui rendent la femme libre, chic et sexy. Si d’un côté Pascal Millet désire qu’une clientèle plus large puisse profiter de ses créations avec son prêt-à-porter luxe, il aime encore travailler pour des clientes privées en instaurant le « special order ». Grâce à sa longue expérience dans le monde de la Couture, il reste sensible à la relation de confiance instaurée avec ses clientes. « Les femmes d’aujourd’hui aiment et recherchent toujours des pièces uniques pour des moments d’exception » confie-t-il.

Pour vous, qu’est-ce qu’il y a d’important dans la création ?

Il faut en priorité trouver des idées qui me plaisent et qui plairont finalement aux clientes. J’aime quand la collection est faite et que  le défilé est  passé, avoir les rapports de vente. Il est intéressant de savoir ce qui s’est vendu. On vend souvent des pièces « fortes ». Au fil des années, j’ai éclairci plusieurs de mes plans de collections afin de privilégier les robes aux tissus d’exception.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

J’aime me promener dans la rue, ouvrir les magazines, les livres, regarder la télévision, m’arrêter dans un jardin et admirer une fleur. Je suis un contemplatif, j’aime tout regarder autour de moi, me sentir dans l’air du temps.

Vous arrive-t-il de vous inspirer des autres couturiers ?

Oui, comme tout le monde ! J’aime faire mon métier, je suis comme un enfant et je joue. J’aime créer des robes. S’inspirer des autres est une chose mais trouver son style en est une autre. Il m’arrive parfois de dessiner de vilains modèles pour en rire tout seul. Bien sûr ils ne voient pas le jour ! J’aime l’idée de toujours travailler, recommencer pour finalement arriver à un résultat qui me plaît.

Deux collections par an, n’est-ce pas trop ?

Honnêtement, non ! Je dessine même souvent en faisant défiler mes modèles ! En revanche je prends le temps qu’il faut pour me concentrer avec mon équipe. On ne plaisante pas avec la saison en cours, l’enjeu est primordial.

Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile pour un créateur ?

De faire un stop dans la collection pour ne pas s’éparpiller avec trop de modèles. Il faut savoir faire des choix. Quand un modèle est raté, on arrête. Pour ce qu’il y a de bien, on continue. Robe courte ou longue, ou même jupe : on fait le choix. Chaque saison a sa nouvelle donne.

Pourquoi les couturiers doivent-ils « raconter une histoire » dans les collections ?

Ça l’a toujours été et ça continuera ! Je pense que c’est important d’avoir « un fils rouge » pour raconter une histoire, source d’inspiration. Je n’aime pas toujours la philosophie du couturier. Moi, je fais des robes aussi bien que je le peux mais je ne suis pas un philosophe. Les philosophes s’appellent Christian Lacroix et d’autres. Mes histoires restent basiques. L’hiver j’aime le thème citadin à New York. A Paris et à Londres, ce sont plutôt les bords de mer. Il y en a très peu qui font du ski l’été et très peu qui font des bains l’hiver. Il me plaît de faire des vêtements pour la vraie vie. J’adore voir mes vêtements portés.

Il y a-t-il trop de créateur à Paris ?

Je ne peux pas dire qu’il y en ait trop, j’ai aucun droit de dire cela, mais il y en a beaucoup et il y en aura encore plus, je l’espère. Chacun à son message à faire passer dans ce secteur. Mais il faut durer, correspondre à « un marché » car il y a beaucoup. Ce qui est important c’est de se rendre compte que c’est un véritable métier et non de boire du champagne après les défilés.

Que pensez-vous de l’évolution de la mode ?

Je pense que les gens comme doivent trouver leur place et il y a du travail. Sont de plus en plus de marques japonaises, chinoises, anglaises, américaines, et françaises qui marchent bien, qui font des choses à bon prix mais en ce qui me concerne, ce n’est pas mon positionnement. Les vêtements de Haute-Couture, ce n’est pas ma place non plus. Ma clientèle vise des femmes aux besoins différents, qui veulent porter des vêtements bien faits dans de beaux tissus. Elles se plaisent et ont envie que leur petit ami ou mari leur disent « tu es belle ma chéri aujourd’hui ! ».

Made in France c’est une image ?

On achète du Made in France ici ou ailleurs, c’est pareil. On peut acheter du Made in France bien ou mal fait. Est-ce une image de prestige ? Par contre, il y a des ateliers formidables avec qui je travaille qui proposent un prix doux pour une robe parfaite. Les jeunes créateurs qui voudraient se lancer à Paris ne doivent pas manquer de courage !

C’est important de faire des défilés ?

C’est important pour la presse, c’est important pour la reconnaissance de la maison. Personnellement je ne passe pas trois heures sur le podium. Quand c’est fait, c’est fait, il faut être clair. Un défilé c’est comme une cerise sur le gâteau. Il clôture une partie de la saison. Après, il reste les ventes et la production. C’est comme une fête intense  ajoutée à un stress intense.

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