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Créativité et Cultures

Synergies en commun

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Le 27 janvier 2022, à la fin du défilé d’Imane Ayissy, le président exécutif de la fédération de la haute couture et de la mode, Pascal Morand, a remis la décoration de chevalier de l’ordre des arts et des lettres à Imane. Dans les coulisses du défilé, c’est un duo qui met leurs synergies en commun. Imane Ayissy et Jean-marc Chauve, deux personnalités et avec leurs visions de la mode se complètent très bien, permettant ainsi l’évolution incroyable de la marque Imane Ayissi ! Voici ces deux grands créateurs qui nous parlent leur vision de la mode.

Synergies en commun

Imane a été mannequin, boxeur, danseur et maintenant couturier… dans la mode, il a exploré le corps et l’âme. Et de cette dernière carrière, il a créé de nombreuses merveilles.

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Quel regard portez-vous sur les différents métiers de votre vie professionnelle ?

J’ai été danseur, mannequin et styliste-couturier. J’ai aimé tous ces métiers et d’une certaine manière, je vois une certaine continuité entre ces métiers, ils ont tous les 3 comme base le corps. Évidemment, les métiers de mannequin et danseurs sont limités dans le temps et à partir d’un certain âge, il est plus difficile de continuer à les exercer, alors que styliste, on peut, dans le meilleur des cas, travailler jusqu’à sa mort, si on regarde par exemple Chanel ou Karl lagerfeld.

Qu’en pensez-vous d’être un styliste ?

C’est à la fois un métier difficile en ce moment, parce que l’industrie de la mode est devenue très concurrentielle, plus dirigée par des impératifs financiers et marketing que par la créativité, mais j’aime beaucoup ce métier, parce que la mode est un langage qui parle à tout le monde et qui permet de raconter des histoires, et de faire dialoguer les cultures.

Pourriez-vous définir votre style ?

Je ne suis peut-être pas le mieux placé pour définir mon style, mais je dirais que c’est une allure parisienne, contemporaine, avec de fortes inspirations africaines.

Quel est le sens de la mode pour vous ?

Je ne sais pas ce que sera fait le futur, mais j’aimerais que l’on change le rapport actuel au vêtement qui se caractérise par la surconsommation de vêtements de mauvaise qualité, fabriqués au détriment de l’environnement de la vie de ceux qui les fabrique. J’aimerais que le mode produise moins, mais mieux, qu’elle produise des vêtements fabriqués dans de bonnes conditions que l’on pourrait à nouveau apprécier et garder longtemps.

Pourquoi avoir accepté la coopération avec airs de paris pour la fibre ecobambou ?

J’ai été très sensible à l’ambition écologique de ce projet et c’est pour moi un autre moyen de dialoguer avec d’autres cultures et d’autres pays, en l’occurrence la chine qui a une très grande et intéressante culture textile. Le tissu à base de fibre ecobamboo est une matière intéressante, souple et douce qui permet en particulier de faire des jerseys très bien adaptés pour faire des silhouettes drapées.

 

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Jean-marc Chauve a travaillé pour le bureau de style de Nelly Rodi et a collaboré avec la maison Martin Margiela. Il a ensuite créé la marque de prêt-à-porter créatif sept. Il collabore avec des maisons de couture et des créateurs et intervient régulièrement à l’institut français de la mode en matière de culture de mode et du développement produit. Il est directeur de la marque de créateur Imane Ayissi.

 

Vous êtes styliste et aussi formateur, comment combiner ces deux métiers ?

Pour moi c’est assez naturel de faire ces deux métiers, la formation est un peu le prolongement de mes activités de styliste. Cela permet de transmettre mon expérience et les réflexions qui naissent quand je travaille sur des collections.

Est-ce que la mode est trop polluante ?

Malheureusement, l’impact de la mode sur l’environnement est devenu majeur. La surproduction en est la raison principale, mais aussi le choix des matières utilisées aujourd’hui. Par exemple les matières synthétiques, en particulier le polyester, représentent plus de 75% des fibres produites aujourd’hui. Or si on peut les recycler une ou deux fois, on ne sait pas traiter la fin de vie des produits en polyester et finalement, on se retrouve avec des tonnes de ces fibres non-biodégradables dans les océans ou dans la terre où elles perturbent complètement les écosystèmes et mettent en danger la biodiversité et la vie elle-même.

Que pensez-vous de la mode dans le futur ?

Je vois un mouvement de prise de conscience de la part de marques et de consommateurs pour mieux consommer la mode et minimiser son impact sur l’environnement, malheureusement encore insuffisant en face de la puissance des enseignes de fast-fashion. Mais je pense qu’à un moment, nous n’aurons pas d’autres choix que de faire des produits de mode beaucoup plus écologiques si on ne veut pas mettre en danger l’humanité.

Vous êtes un partenaire d’Imane, comment l’aider-vous à se développer ?

Je l’aide dans la partie « opérationnelle » pour le sourcing et la fabrication, pour faire que ses idées deviennent de vrais vêtements. Mais c’est aussi un dialogue entre nous et parfois, mon rôle est également de l’obliger à explorer plus à fond ses propres inspirations et idées.

Que pensez-vous de la fibre de bambou ?

Je pense que c’est une alternative très intéressante, qui lorsqu’elle est produite dans de bonnes conditions avec un impact très faible sur l’environnement, le bambou étant une plante qui pousse très rapidement sans engrais, sans pesticide avec un très faible impact sur son milieu. Et cette fibre permet de faire toutes sortes de tissus différents, de la maille comme du chaîné et trame.

 Vous connaissez bien la mode en chine, que pensez-vous du « made in china » ?

Bien sûr, en chine comme dans tous les pays, il y a des pratiques différentes pour la production de vêtements, mais aujourd’hui on trouve en chine de la fabrication de très grande qualité, comparable à ce qui se fait en Italie ou en France, deux pays de référence pour la production de luxe.

Proposition de lecture : https://www.airsdeparis.fr/mode/la-joie-renouvelee-de-faire-rencontrer-les-cultures/

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