Rencontre avec soi même

L’Ayurveda est une forme de médecine traditionnelle indienne. Depuis le début des années 80, Kiran Hyas en est le précurseur en Europe. Il est un acteur majeur dans l’enseignement de cet art de vivre au service du bien-être. Pour Airs de Paris, il se dévoile.

Qu’est-ce que ce que signifie : Ayurveda ?

« Ayur » signifie : la vie, et « veda » la connaissance. En Inde, l’Ayurveda est une philosophie et un art de vivre qui permet d’éloigner la maladie et de préserver sa longévité en cultivant l’aspiration à la sagesse et au bonheur. Cette « science de la vie » qui, au-delà de la pratique médicale est avant tout une philosophie et un art de vivre qui considère l’homme dans sa globalité. Elle considère que l’être humain n’est pas seulement un corps physique, mais avant tout un être qui vibre de sentiments, de passion, de créativité, un être affectif, un être mental, avec ses pensées, sa raison, son intelligence, un être psychique et spirituel, en quête de l’invisible, de l’imperceptible, consciemment ou inconsciemment. Cet être complet est porteur de sa propre histoire de vie, et cherche au plus profond de lui l’équilibre, l’harmonie, le progrès.

Comment comprendre le concept de base de l’Ayurveda ?

L’Ayurveda est fondé sur la théorie des  « cinq Eléments », Ce sont : l’Éther, l’Air, le Feu, l’Eau et la Terre. Ces cinq grands Éléments même s’ils ont un lien avec la matière que nous connaissons dans la nature (l’eau des rivières, la terre du jardin, etc.) sont plutôt des concepts énergétiques qui englobent des notions plus larges, situées bien en amont de la réalité physique ou physiologique.

Selon Albert Einstein, tout est énergie. La masse peut se transformer en énergie et vice-versa, la fameuse équation E=mc2 où E est l’énergie, m est la masse et c la vitesse de la lumière. L’Ayurveda prétend depuis des siècles que tout est énergie, une énergie qui se manifeste sous différentes formes, de la plus subtile à la plus concrète. L’énergie se manifeste tout d’abord sous forme éthérique. C’est l’énergie de l’espace, du cosmos ou « l’Éther ». Puis, elle se condense, tout en restant toujours invisible, et devient l’énergie dispersée de l’Élément Air, l’état gazeux. Se condensant plus encore, elle devient l’énergie du Feu. C’est l’énergie de la lumière, ascendante, visible mais intangible. À l’étape suivante, vient le concept de l’Élément Eau. L’énergie est alors liquide, fluide. Elle se voit, se touche, mais elle n’a pas encore sa propre forme, elle épouse la forme de ce qui la contient. Elle reste souple, coule du haut vers le bas. En dernier lieu, vient l’Élément Terre, qui est la matière, le solide, le stable, la structure et la forme, la rigidité. C’est aussi l’immobilité, l’inertie ou l’énergie potentielle.

Le corps, la Terre et l’Univers tout entier fonctionnent à partir de la même énergie. Pour l’ Ayurveda, l’énergie qui fait bouger toute une galaxie est la même que celle qui tend tout son effort pour faire éclore une fleur dans un désert. C’est pourquoi les énergies qui régissent le macrocosme sont identiques à celles à l’œuvre dans le microcosme. L’homme est un microcosme de la Nature. Ainsi, les cinq Eléments de base régissent le cosmos comme le corps humain. Et finalement, c’est l’unité, l’harmonie entre ces cinq Éléments, leur interpénétration profonde et leur communication permanente qui font l’Ayurveda: c’est la vie en mouvement.

 Quelle est la définition de maladie, selon l’Ayurveda ?

La maladie n’est rien d’autre que le travail du corps et de l’esprit pour rechercher un meilleur équilibre. Les causes de déséquilibre sont multiples : pollution de la terre, de l’air, de l’eau, mauvaise hygiène de vie, nourriture pauvre en nutriments essentiels, mode de vie en dysharmonie avec soi-même, changement de saison, excès de stress et de fatigue, émotions perturbées, choc affectif ou psychologique, contrariétés et parfois déceptions résultant d’échecs ou d’insatisfaction.

Le déséquilibre agit sur le plan physique et psychologique, sur les plans visibles. Il est perturbé dans « les plans subtils », se dysfonctionne- au corps et à l’esprit Si, malgré ces avertissements, rien n’est entrepris pour tenter de corriger ce déséquilibre, la maladie commence par des symptômes primaires : manque d’enthousiasme, manque d’envie, tristesse, irritabilité, colère… Puis, apparaissent les symptômes tels que fièvre, maux de tête, de gorge, de ventre… Ainsi selon l’Ayurveda, la douleur et la fièvre sont des manifestations du système d’alarme du corps indiquant qu’une maladie va se déclarer et que si rien n’est fait, ce corps « se mettra en grève » en laissant s’installer la maladie.

Comment définir la notion de bonne santé ?

Pour vivre en bonne santé, l’Ayurveda préconise d’adopter un véritable mode de vie en harmonie avec la nature. Qu’il s’agisse de l’heure du coucher ou du lever, de l’activité professionnelle ou des loisirs, ou encore de l’alimentation, les recommandations varieront d’une personne à l’autre. Beaucoup reposent sur la connaissance de ce qui est juste pour chaque individu, de ce qu’il doit éviter ou de ce qu’il doit adapter pour être en bonne santé.

L’Ayurveda propose des recommandations au quotidien ainsi qu’un programme « annuel », qui évolue selon les saisons et les climats de notre environnement comme de ceux de notre existence. Ainsi, l’enfance et l’adolescence sont considérées comme « 1e printemps de notre vie », l’âge adulte comme « l’été » et des adaptations sont nécessaires dans notre mode de vie selon ces différentes étapes.

Le froid, la chaleur, les températures, les changements soudains ou les catastrophes naturelles sont des facteurs avec lesquels nous devons composer au mieux, tout comme avec les tourbillons émotionnels et affectifs : qu’il s’agisse d’événements malheureux ou de joies immenses qui peuvent bouleverser notre vie. Selon l’Ayurveda, l’apprentissage de l’équilibre malgré ces changements qui rythment notre vie est essentiel.

 

AIRS DE PARIS

airsdeparis2@gmail.com

Copyright 2018 - Airs de Paris - Tous droits réservés