La peinture impressionniste à Auvers

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Vers 1860, paysagiste Charles-François Daubigny amarre, son bateau atelier, à Auvers-sur-Oise situé à une trentaine de kilomètres de Paris. Fasciné, par les paysages qu’il découvre, Daubigny s’installera définitivement en 1881 où il recevra de nombreux artistes et assistera à la naissance de la peinture impressionniste à Auvers.

Né en 1828 d’une famille aisée, Paul-Ferdinand Gachet fait de solides études de médecine. Il obtint un doctorat, en 1858, en soutenant une thèse sur la mélancolie. Il était, avant l’heure, un défenseur des médecines douces. Il avait une passion pour la peinture et se lia d’amitié avec de nombreux peintres comme Gustave Courbet, Cézanne, Guillaumin, Monet, Manet, Renoir. Sisley et surtout Pissarro qui lui demanda de veiller sur Van Gogh. Le docteur Gachet acheta une maison à Auvers-sur Oise en 1872.

La peinture impressionniste à Auvers

Après une période d’instabilité mentale, soignée dans une maison de santé, près de Saint Rémy de Provence, et trois jours passés à Paris, chez son frère Théo, sa belle-sœur Johanna et son filleul Vincent, âgé de 4 mois, Van Gogh arrive à Auvers-sur-Oise le 20 Mai 1890. Il s’installe à l’auberge « Chez Ravoux » dans la chambre N° 5, après avoir négocié le gite pour 1 franc et le couvert pour 2,50 francs, par jour. Cette chambre mansardée d’une superficie de 7 mètres carrés, possède un lit, une table de toilette, un placard et 4 mètres de mur où il entrepose ses toiles. De nos jours, il est possible de visiter la chambre qu’il occupait et voir la table où il prenait ses repas.

En moins de 70 jours, il réalisera plus de 80 toiles.

La présence du docteur Gachet qui l’encourage, dans ses projets artistiques, est aussi un gage de sécurité, en cas de rechute.

Grâce aux échanges de courriers, avec son frère Théo qui demeure à Paris, où il dirige une filiale de Boussod, Valadon & Cie spécialisée dans le négoce d’Art, il est possible de retracer sa vie à Auvers et dater, approximativement ses tableaux. Dans sa première lettre, datée du 20 Mai, il utilise une formule très moderne « Auvers est gravement beau »

Par sa lettre du mardi 21 juin, il date son tableau de Notre Dame d’Auvers-sur-Oise, car on peut lire : « Avec cela, j’ai un plus grand tableau de l’église du village – un effet où le bâtiment parait violacé contre un ciel d’un bleu profond & simple de cobalt pur, les fenêtres à vitraux paraissent comme des taches bleues d’outremer, le toit est violet et en partie orangé. Sur l’avant plan un peu de verdure fleurie et du sable ensoleillé rose. C’est encore presque la même chose que les études que je fis à Nunen de la vieille tour et du cimetière. Seulement à présent, la couleur est probablement plus expressive, plus somptueuse ».

Dans une lettre du mardi 3 Juin, il écrit « J’ai fait le portrait de Mr Gachet avec une expression de mélancolie qui souvent à ceux qui regarderaient la toile pourrait paraître une grimace. Et pourtant, c’est ça qu’il faudrait peindre parce qu’alors on peut se rendre compte combien, en comparaison des portraits calmes anciens, il y a de l’expression dans nos têtes actuelles et de la passion et comme de l’attente et comme un cri. Triste mais doux, mais clair et intelligent, ainsi faudrait-il en faire beaucoup de portraits, cela ferait encore un certain effet à des moments sur les gens ».

« Il y a des têtes modernes que l’on regardera encore longtemps, qu’on regrettera peut-être cent ans après. Si j’avais dix ans de moins, avec ce que je sais maintenant, comme j’aurais de l’ambition pour travailler à cela. Dans les conditions données, je ne peux pas grand-chose, je ne fréquente ni ne saurais fréquenter assez la sorte de gens que je voudrais influencer. J’espère bien faire ton portrait à toi un jour ».

Il écrira presque chaque jour à son frère, jusqu’au soixante-huitième jour de son séjour auverois, où il regagne péniblement l’auberge Ravoux, blessé par balle. Appelé d’urgence, le docteur Gachet ne peut rien faire et Vincent Van Gogh s’éteindra le 27 juillet, dans sa chambre, vers une heure du matin, dans les bras de son frère, en lui disant « Je voudrais partir comme ça ». Et c’est ce qu’il a fait.

Vincent Van Gogh, n’a jamais voulu révéler la cause de sa blessure. Sa mort reste donc un mystère bien que l’on ait l’habitude de déclarer qu’il s’agit d’un suicide. Or, l’arme n’a jamais été retrouvée et Vincent n’en possédait pas. On trouve de nombreuses explications à la blessure du peintre. Une, fait mention que la nuit où il fut blessé, des jeunes gens s’amusaient à faire du tir. Vincent aurait été blessé accidentellement, mais il aurait gardé le silence, pour ne pas leur attirer des ennuis. La vérité éclatera-t-elle un jour ?

Comme le mentionne Wouter van der Veen, dans l’introduction de son livre Vincent Van Gogh à Auvers aux éditions du Chêne, « En résumé, Vincent Van Gogh était un artiste complexe, intelligent et cultivé. Il n’était pas pauvre, il n’était pas fou, il n’a pas vendu qu’une toile de son vivant. Il n’était pas asocial ni solitaire. Son travail était reconnu et ses tableaux étaient admirés. Il n’est pas mort en martyr ». En effet, son frère Théo lui versait une rente pour payer son gite, son couvert, ses couleurs et ses toiles. De plus de son vivant Vincent a vendu la majorité de ses toiles.

Vincent Van Gogh a été enterré dans le petit cimetière d’Auvers-sur-Oise, où son frère le rejoint le 25 janvier 1891, après une longue maladie.

La peinture impressionniste à Auvers

Journaliste : Henri MARTIN
Source : Lumière Magazine
Collaboration : Association de la Presse Étrangère

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